Par le refus d’alimenter son corps l’anorexique a la satisfaction d’exercer un contrôle sur celui-ci, comme si, elle et son corps était deux choses distinctes. Ainsi, si il y a de nombreuses choses sur lesquelles elle n'a aucun pouvoir, son corps, elle le contrôle.

Cette maladie touche en majorité les adolescentes, peut-être parce qu'elles voient leur corps changer, prendre des formes et ne l’acceptent pas.
On peut également penser que le fait qu’elles soient plus influençables que les autres par le tapage médiatique autour du culte de la minceur soit un facteur de cette maladie.
Il est possible que la peur de ne pas entrer dans le moule, d’être exclue par la faute d’un corps qui ne colle pas avec les images qu’elles voient dans les émissions, les clips, les magazines leur imposant l'image de ce que doit être le corps parfait, puisse être une des raisons qui entrainent une jeune fille vers l’anorexie.

Cela dit, on ne peut rejeter l’entière faute sur la "société de consommation", elle n’est qu’un des facteurs possibles.
L’anorexie existe depuis toujours, bien avant ce culte de la minceur, et si nous avons l'impression que c'est une nouvelle maladie résultat des vices de notre société actuelle ce n'est que parce qu'on ne parle d'elle que ces dernières années.

L’anorexie est souvent remarquée assez tard par les proches de la personne malade, lorsque l’engrenage commence on ne comprend pas forcément, elle mincie mais on imagine un petit coup de blues, le résultat d’un régime anodin, ou toute autre raison n’ayant rien d’alarmant.
Même lorsque les proches de l’anorexique comprennent que ce refus de s’alimenter est un problème sérieux, il est fréquent de les voir refuser la qualification de maladie à cette obsession.
Ce n’est que lorsqu’ils comprennent que leur proche est réellement en danger qu’ils envisagent un traitement en tant que tel.
Attention nous ne disons pas que tout amincissement nécessite de s’interroger, il ne s’agit pas de tomber dans la paranoïa, mais déceler la maladie plus tôt, avant que la situation ne soit critique aiderait à la soigner plus intelligemment.

Les traitements de l’anorexie sont très critiqués.
Le traitement intervient souvent très tardivement lorsque les proches ne savent plus quoi faire et que l’adolescente est en danger vital.
Il consiste principalement en une prise en charge hospitalière. La jeune femme est admise aux urgences en premier lieu, puis passe par un service psychiatrique. Elle y sera « renutrie » contre son gré, si elle refuse catégoriquement de s'alimenter elle sera nourrie sous perfusion ou par l’intermédiaire d’une sonde.
Ces traitements sont extrêmes, ils sont d’ailleurs qualifiés par certains médecins comme psychologiquement désastreux pour la patiente.

L’on espère de nouveaux traitements de cette maladie, des traitements plus humains, dont la base n’est pas de forcer l’adolescente à manger mais de la faire s’interroger sur les raisons qui la poussent à se priver, des traitements qui laissent une plus grande place aux proches de l’anorexique, qui sont trop souvent exclus du traitement par le milieu hospitalier.
Il est également important de souligner que les proches, quand bien même ils ne se seraient rendu compte que très tard de la maladie, ne sont pas en faute, il n’y a aucun coupable à cette maladie il faut donc cesser d'en chercher à tout prix !