Enfermé chez des amis à une heure de Paris, il a en effet réécouté toute son œuvre, album après album afin d’en faire un tri sélectif. Installé dans les montagnes vosgiennes et avec l’aide de Rodolphe Burger, réalisateur d’Amor Doloroso et ex-leader du group rock Kat Onoma, qui l’avait invité en 2005 à son festival à Ste Marie-aux-Mines (68), Jacques Higelin a mis plusieurs mois a peaufiner son dernier album.

Amor Doloroso de Jacques Higelin
Le grand Jacques a donc fait le tri dans ses cahiers, dans ses classeurs, son « bordel de chansons » comme il dit. Avec le recul, la carrière d’Higelin ressemble d’ailleurs au même « bordel » flamboyant et touche à tout (théâtre, cinéma, chant), dans les années 60,70 et 80. Il s’est ensuite quelque peu perdu, dans la décennie suivante, d’albums moyens en prestations scéniques parfois approximatives mais toujours généreuses.

Higelin tournée 2007L’état de grâce semble avoir été retrouvé avec « Amor Doloroso », conjugué à l’affection de ses jeunes confrères, Cali, Bénabar qui témoignent un vrai respect à leur aîné, et qui paraît avoir stimulé le chanteur dans ce dernier opus.
Son dernier CD transpire l’amour, un amour parfois adolescent, dégagé des contingences matérielles. Dans ce dernier disque, il y a tout d’abord les mots et la voix d’Higelin : au cours de ses 11 chansons on le retrouve à la fois poétique, grave, léger et inspiré.

Jacques Higelin en concert, avril 2007Passée l’introduction grivoise « Queue de paon » déjà entendue sur scène, bienvenue dans le tourbillon Higelin, soit une farandole amoureuse variée et sobrement habillée, histoire de laisser leurs chances aux chansons et sa place à la douce folie qui les habite.
Entre « Ice Dream », « L’hiver à Liverpool », « Ici c’est l’enfer », « Amor Doloroso » ou encore « J’t’aime telle » difficile de prendre cet album en défaut ou d’ignorer le fait qu’Higelin retrouve les sommets !

Jacques Higelin « Amor Doloroso » disques Odéon/Emi et en tournée dans toute la France.