Selon le sociologue Louis Chauvel, les jeunes font 3 années d’études de plus que leurs parents et sont embauchés à un niveau salarial très inférieur à ce qu’ont connu ces derniers. Cette sous-utilisation des capacités et ces phénomènes de déqualification sont nuisibles au dynamisme individuel comme à la cohésion sociale. L’ascenseur social fonctionne, et même plutôt bien, bien qu’il descende selon Alain Mergier sociologue.

Les chiffres officiels mesurent l’allongement des études, alors qu’en 1980, 26% seulement d’une génération obtenait le baccalauréat, cette proportion s’est stabilisée depuis 1995 autour de 62%. En 2003, 37% des jeunes de 25 à 34 ans étaient diplômés de l’enseignement supérieur. Mais paradoxalement la proportion de salariés au SMIC a aussi augmenté de 11,1% en 1987 à 16,8% en 2005.
La dépréciation de la valeur économique des diplômés est particulièrement ressentie dans les milieux populaires. Pour les parents c’est une très grande déception et ils ont l’impression d’être devenus complices d’un mensonge.

Outre les jeunes, la frustration touche aussi les professions intermédiaires, qui sont 5,7 millions de personnes, soit 1 salarié sur 4. Alors que le niveau de qualification a fortement augmenté, les salariés sont de plus en plus touchés par le tassement des grilles hiérarchiques et salariales. Avec un revenu salarial mensuel moyen de 1530 euros net soit 50% de moins que les cadres la position dite « intermédiaire » est aspirée vers le bas. Pour ne pas voir ses revenus reculés, il faut bénéficier d’une promotion, or les promotions sont de plus en plus aléatoires.

Le secteur public ne fait pas exception, au cours des années 90 les emplois les moins qualifiés ont été de plus en plus occupés par des personnes très diplômées. 64% des jeunes recrutés possèdent ainsi des diplômes bien supérieurs à ceux requis pour le concours qu’ils ont passé. Ils gagnent donc moins que ce que leur niveau de qualification laisse espérer. Mais ils ne sont pas au chômage… !