Les Enfants de Don Quichotte, qui ont installé plus de 200 tentes destinées aux SDF à Paris mi-décembre, ont mis en place un nouveau campement d’une douzaine de tentes au centre de Toulouse et un autre d’une vingtaine de tentes à Lyon.
Sans attendre d’hypothétiques réquisitions, trois associations, « Jeudi noir », « Le mouvement d’animation culturelle et artistique » (Macaq) et « Droit au logement » (DAL), ont quant à elles pris possession dans la nuit de la Saint-Sylvestre, d’un immeuble rue de la Banque à Paris, où elles ont installé des familles mal logées ainsi qu’un « ministère de la crise du logement ».
L’union syndicale solidaire, qui comprend Sud, a salué ces initiatives et appelé à soutenir toutes les actions qui visent à imposer aux pouvoirs publics la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour un vrai logement pour tous. Les verts et la ligue communiste révolutionnaire (LCR) ont également apporté ces jours-ci leur soutien à l’occupation.

Alors que de nombreuses personnalités politiques ont signé « la charte » proposée par Les Enfants de Don Quichotte, la majorité s’est également engagée, le député UMP Georges Fenech présentant une proposition de loi instituant un droit au logement opposable. Président du groupe d’études parlementaires sur les sans abris, Monsieur Fenech a qualifié son projet de base de travail pour nourrir la réflexion des parties et du gouvernement, exprimant l’espoir qu’un texte puisse être adopté avant la fin de la session parlementaire le 22 février.

Deux jours après l’injonction du Président Jacques Chirac qui a demandé au gouvernement d’avancer dans les toutes prochaines semaines sur le sujet, Dominique de Villepin s’est exprimé, et a déclaré à l’occasion des vœux du gouvernement au Chef de l’Etat qu’il s’engageait, tout comme Le Président l’avait déjà fait, à jeter les bases d’un droit au logement opposable d’ici aux élections. Pour ce faire, il compte s’appuyer sur le rapport que lui a remis Xavier Emmanuelli, président du haut comité pour le logement des personnes défavorisées. Ce projet devrait être soumis le 17 janvier en conseil des ministres, il sera ensuite présenté rapidement au parlement pour une adoption définitive avant la fin de la session parlementaire.

En France, 2 droits fondamentaux sont opposables, c’est à dire susceptibles de donner lieu à un recours devant les tribunaux : Le droit à la scolarité et le droit à la protection de la santé.
Si le droit aux logements déjà affirmé dans les lois Quîlliot, Mermaz et Besson venait à s’y ajouter, il deviendrait à son tour une obligation pour les politiques publiques, Etat ou collectivités locales. Le haut comité pour le logement des personnes défavorisées espère que la maîtrise d’œuvre revienne aux collectivités, l’Etat prenant des engagements au niveau des moyens.