Cette année, les énergies renouvelables semblent très présentes dans les stands. L’Office National des Forêts propose de nombreuses informations sur la filière « Bois-Energie », et quelques entreprises sont venues faire la promotion de panneaux solaires. Du côté des véhicules, c’est l’euphorie grâce au développement des bio-carburants. La campagne de communication de Saab empêcherait presque d’avoir mauvaise conscience de sortir son automobile !  

Les exposants se livrent une concurrence sans merci à grand renfort de quizz, d’écrans plats et d’animations pour attirer le chaland et lui faire remplir son sac de kilos d’informations. Il paraît que la largeur des allées est calculée pour ne pas privilégier certains passages par rapport à d’autres...

  Dans ce salon de représentation et d’affaires, les enfants sont des cibles privilégiés : au stand Danone, on leur fait miroiter des yaourts au chocolat tout en leur apprenant la transformation du lait ; chez Mac Donald’s, on leur permet de jouer au fast-food grâce à une dînette grandeur nature ; on les attire chez Jouéclub, un marchand de jouets venu vendre ses tracteurs miniatures…

Heureusement, il y a le hall 1 ! Celui de l’élevage et de la rencontre avec le milieu agricole. Ici, on bichonne des taureaux, on tond des moutons, on brosse des cochons. Une Charolaise croise son homologue Vosgienne dans les allées, entre deux enfants éberlués dans leur poussette. Dans leur enclos, des centaines d’animaux attendent leur tour quand ils tenteront leur chance sur les rings, où ils seront présentés, mesurés, décrits et flattés pour le plus grand plaisir de leurs éleveurs et du public. Ah, il faut les voir les Blondes d’Aquitaine, les Pie noire et autres Salers, monter l’estrade, se faire applaudir, traîner des sabots, beugler sous les spots et les musiques de boîte de nuit. Elles sont superbes, ces bêtes ! Jugées pour leur capacité de production, leur masse, leurs caractéristiques physiques, elles sont le résultat d’un long travail de sélection, parfois réalisé au détriment de l’aspect rustique de la race. Des vrais machines à produire et à reproduire… Cette année, les juges ont révélé les secrets des critères de sélection aux amateurs. Tout un vocable : capacité laitière, croupe, profondeur de pis et autre lignes de dos.  

Tout le monde de l’élevage est là, avec ses mots, ses cris, ses habits et ses codes gestuels. On rigole en ch’ti, on s’invite à parler bêtes au stand savoyard, on conduit les animaux d’une main habile. La voilà, la ferme ; le voici, le monde rural ! “Quelle sera la meilleure mamelle 2007 ?” Des phrases hallucinantes nous tombent dans les oreilles entre un chevreau espagnol et une blonde d’Aquitaine de 1,6 tonnes.  

Ce hall 1 est un vrai plaisir, un mélange entre ville et campagne, que l’on perçoit dans le public. C’est un endroit de contrastes saisissants entre vie des bêtes et aspect représentatif du Salon. La paille des litières est impeccable ; les allées, où des centaines de gens marchent dans des bouses fraîches, régulièrement nettoyées ; voici le porc noir de Bigorre affublé d’un slogan choc (« De l’extinction à l’exception »)…  

Et quand vient le soir, le public se faisant plus rare, des tentatives de saillie se déroulent sur le ring déserté. Sous les encouragements des quelques spectateurs encore présents, on tente de faire monter un jeune taureau excité sur une vache effarouchée. La venue de ces spécimens est mise à profit par les éleveurs.  

Et le lait de la traite ? Le lait de ces super-productrices sélectionnées ? Il est stocké, empaqueté, et vendu sur place : “Le lait du Salon” est à boire à la paille (25cl : 0,50 €) ou à emporter (1l : 1,20 €), dans un packaging très branché, spécialement conçu pour l’évènement. Salon oblige…

Crédits photographie et rédaction © E. D.