Pour les personnes handicapées, le manque d’affection et l’inactivité sexuelle sont une souffrance énorme qu’ils cumulent avec leur handicap. Le problème de la sexualité des personnes invalides a fait l’objet récemment d’un colloque au parlement européen afin de tenter de faire évoluer les mentalités pour que handicap ne rime pas avec frustration sexuelle.

Aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse, le tabou est tombé et, des « aidant sexuel » sont rémunérés pour accompagner les personnes handicapées à la recherche d’une relation sexuelle ou plus simplement d’une relation affective. C’est généralement des membres d’équipes médicales qui moyennant une rémunération offrent leurs services. Des services pris en charge par la Sécurité Sociale puisque la personne handicapée sera ensuite remboursée.

Les termes sont divers pour désigner ces personnes qui apportent un bien-être tout à fait naturel et légitime aux personnes handicapées. On peut les nommer assistants sexuels ou attoucheuses peu importe, elles ont un rôle salvateur pour le bien-être et l’épanouissement des personnes handicapées. Au Pays-Bas, ce genre de service existe depuis plus de 20 ans, il s’est développé plus récemment en Allemagne et en Suisse. En France, la sexualité des personnes handicapées est encore un sujet dont on ne parle pas. Il existe cependant de ci de là des personnes valides qui en toute illégalité assurent des relations tarifées. Rien en effet n’est prévu pour offrir aux handicapés une sexualité épanouie.
Sur internet, des forums de discussions se sont emparés du sujet, un sondage récemment réalisé plébiscite la mise en place de solutions pour la sexualité des personnes handicapées. En France, ce sont bien souvent les prostituées qui remplissent le rôle d’aidant sexuel. Sheila Warembourg, sexologue qui travaille pour handicap international dénonce l’hypocrisie qui règne en France sur ce sujet. Pour elle, on ne peut refuser aux personnes à mobilité réduite d’assouvir le besoin élémentaire qu’est la sexualité et au-delà, le désir de chercher à aimer et être aimé.

La France est un pays de droits et la sexualité fait partie des droits universels. La relation sexuelle est une étape fondamentale, initiatique que tout être humain valide ou non devrait pouvoir vivre, ce qui n’est actuellement pas le cas pour les personnes qui souffrent d’ un handicap. La possibilité de pouvoir faire appel à des « aidant sexuel » serait une formidable avancée. Le regard des personnes valides sur les personnes souffrant d’un handicap doit changer, bien souvent ils les considèrent comme des personnes asexuées, or handicapé ne veut pas dire privé de désir, de sentiments et d’émotions.