Michel Serrault dans les Fourberies de ScapinMichel Serrault est né dans l’Essonne, le 24 janvier 1928 à Brunoy. Après deux ans d’études au centre d’art dramatique, il est malheureusement recalé au conservatoire. Mais cet échec n’empêche pas Michel Serrault de persévérer afin d’atteindre son but, celui de devenir acteur. A 18 ans, en 1946, il part en tournée en Allemagne où il joue dans « les Fourberies de Scapin ». Deux années plus tard, il effectue son service militaire dans l’aviation à Dijon. Son service terminé, il repart à Paris où il joue dans un spectacle, « Les Dugudu ». Il se fait connaître en 1952 au théâtre Sarah-Bernhardt avec son ami Jean Poiret avec lequel il forme un extraordinaire duo comique. Ils feront pleurer de rire les ménages français devant leurs téléviseurs.

Michel Serrault commence sa carrière au cinéma à partir de 1954 où il joue dans quelques films comme « Ah ! les belles bacchantes », « Les diaboliques »… mais à partir des années 60 il se consacre au théâtre, il apparaît sur les planches dans plusieurs pièces comme « Monsieur Dodd », « Opération Lagrelèche », « Gugusse », « Le vison voyageur », « le tombeur »…
Au cinéma, il ne bénéficie pas de rôles très importants et joue dans plusieurs série B mais il fait néanmoins la connaissance de Pierre Tchernia et joue dans « Le Viager », c’est alors le début d’une longue collaboration entre les deux hommes.
Michel Serrault dans la cage aux follesIl connaît un grand succès au théâtre à Paris en 1973 en incarnant le légendaire personnage de Zaza Napoli dans « La cage aux folles, une pièce de Jean Poiret qui propulse Michel Serrault au rang d’icône ! Il joue son rôle pendant 5 ans tout en continuant sa carrière cinématographique, il laisse un peu de coté les rôles comiques et interprète un meurtrier dans « L’Ibis rouge » ou un banquier véreux dans « L’argent des autres ». Sa carrière prend un nouvel essor quand il remporte son premier césar pour son rôle d’Albin (Zaza Napoli) dans l’adaptation au cinéma de La cage aux folles par Edouard Molinaro en 1979.

Michel Serrault obtient un césar en 1995Dorénavant, Michel Serrault alterne les rôles de comédie et les rôles dramatiques. Il joue dans de nombreux films comme « Mortelle randonnée », « On ne meurt que deux fois », « Garde à vue ». Son rôle dans ce dernier lui vaut un deuxième césar d’interprétation en 1981. Il y incarne un homme soupçonné d’avoir commis un meurtre sur une jeune fille. Il obtient un César de plus en 1995 pour son interprétation émouvante dans le film « Nelly et Monsieur Arnaud » de Claude Sautet. La même année on le retrouve dans une merveilleuse comédie intitulée « Le bonheur est dans le pré ». Les rôles de Michel Serrault très variés bénéficient d’une grande notoriété auprès du public. C’est naturellement que Mathieu Kassovitz fait appel à lui pour son film « Assassin », un film violent où Michel Serrault interprète le rôle d’un tueur dépourvu de tous sentiments ! Il enchaîne ensuite dans un tout autre registre avec le film « Une hirondelle a fait le printemps » au coté de l’actrice Mathilde Seigner.

Funérailles de Michel SerraultC’est avec une grande tristesse que le public a appris la mort de Michel Serrault. De nombreux hommages ont été rendus à l’un des acteurs préférés des Français. Le Président de la république, Nicolas Sarkozy et Le Premier ministre, François Fillon ont également tenu à saluer la carrière exceptionnelle de l’acteur. L’institut national de l’audiovisuel a annoncé qu’ils avaient mis en ligne sur leur site une centaine de vidéo où apparaît Michel Serrault. Des programmes télévisés ont été annulés pour proposer aux téléspectateurs plusieurs chefs d’œuvres de l’acteur. De nombreuses célébrités et anonymes lui ont rendu un dernier hommage jeudi 2 août lors de ses obsèques à Honfleur. Une cérémonie sobre qui fut retransmise sur écran à l’extérieur de l’église qui ne pouvait accueillir les nombreuses personnes venues de toute la France pour un dernier au revoir à l’artiste…On retrouvera Michel Serrault sur grand écran le 29 Août prochain dans « Antonio Vivaldi, un prince à Venise » et dans une comédie de Jean-Pierre Mocky intitulée « Le bénévole »

Le site de l’Institut National de l’Audiovisuel : www.ina.fr