La Nouvelle Vie de Monsieur Horten
Cinéma
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Film germano-norvégien de Bent Hamer, auteur des sarcastiques Eggs et Kitchen Stories, qui réalise avec La Nouvelle Vie de Monsieur Horten un petit chef d’œuvre sensible et tendre à la frontière entre une réalité dépourvue d’exotisme et un monde fantasmagorique.Rien ne semble troubler la vie parfaitement réglée de Monsieur Horten, conducteur de train, célibataire convaincu et fils unique, dont la retraite est proche. Pourtant, ce jour où sa carrière s’achève, la vie se dérègle, oh, pas grand chose, des petits riens et des rencontres qui misent bout à bout, vont métamorphoser ce pâle fonctionnaire en homme accompli.

C’est lentement et avec douceur, que nous entrons presque fortuitement dans la vie parfaitement réglée de Monsieur Horten. Son intérieur vieillot, sa perruche, son uniforme. On cherche en vain quelque chose d’héroïque en cet homme grand et sec, qui porte tranquillement ses presque soixante-dix ans, pipe à la bouche et jamais un mot en trop. Monsieur Horten conduit des trains, a toujours conduit des trains, sur la même ligne,faisant halte dans la même pension, veillant sur sa mère mutique, buvant une bière blonde dans le même restaurant.
Qu’est le temps de cet homme ? Si figée est sa vie qu’il s’étire, semble-t-il à l’infini. Quand soudain la retraite sonne et s’ouvre pour lui un gouffre. Que fera-t-il demain ?
Or demain, par la grâce du cinéaste, ne sera pas du tout comme il l’imagine. Car vont croiser son chemin des personnages improbables qui vont briser l’horloge de sa vie si bien réglée.
Un enfant lui fait rater son dernier jour de travail, son dernier trajet aux commandes d’un train, un homme l’entraîne pour une improbable virée en
voiture et meurt au volant. Cet original, mythomane et alcoolique a cependant transmis quelque chose à Monsieur Horten : il est possible de réaliser ses rêves. Pour Monsieur Horten, ce sera un saut à ski vertigineux. Rien de bien exceptionnel, à la nuance près qu’il n’a jamais pratiqué ce sport, qu’il est seul sur le tremplin dans la nuit profonde de l’hiver norvégien. Survivra-t-il à ce rêve qu’il s’accorde comme réalité ? C’est insensiblement, sans prétention, mais pas sans audace, que Bent Hamer nous guide dans cet univers incongru et nous révèle sous la carapace, un homme capable de changer. Une belle leçon en vérité, simple mais convaincante.
Renée Lauster pour Plus-Shopping
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