Le musée est ici considéré comme le nouveau temple de nos contemporains laïques. Puisque prier un Dieu omniscient dont l'existence est discutable, prions ensemble les artistes qui habillent notre quotidien de reliques du sacré et permettent une communion à peu de frais et grands renforts médiatiques !

Voilà à peu près l'intention de Jean-Michel Ribbes dans Musée haut, musée bas. Une galerie de portraits bien vivants défile dans un musée imaginaire, pliant sous les névroses, l'absence de culture, condamnés par leur seule condition humaine, leurs corps et leurs esprits imparfaits. Un conservateur terrorisé par les plantes vertes, une mère coulée dans la résine avant de devenir oeuvre d'art, un ballet de Saintes Vierges, des gardiens que Rodin épuise, un ministre égaré au milieu de sexes monstrueux, une voiture disparue au parking Rembrandt, des touristes pressés, pressurisés, courant de couloirs en salle, un passager clandestin dans l'art premier, tous valsant la comédie humaine jusqu'au burlesque.

humour art contemporain

Un texte sur mesure
Pour l'homme de théâtre qu'est Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point, rien ne vaut un texte bien taillé, ciselé, ironique et mordant comme il faut, poivré à l'absurde, teinté d'un non-sens savoureux. L'équipe du Splendid (presqu'au complet), l'élite des Deschiens (Yolande Moreau, François Morel), les inénarrables cabotins du cinéma français (André Dussolier, Fabrice Lucchini, Dominique Pinon), les têtes d'affiches (Pierre Arditi, Josiane Balasko, Julie Ferrier, Isabelle Carré) et d'autres encore ont été embarqués pour cette aventure moins cinématographique que scolastique ! "Je me suis mis à écrire des personnages qui se promenaient dans un musée, un peu comme on tapote sur un piano pour trouver un air, et peu à peu, ils m'ont entraîné dans ce lieu libre et fou où se mêlent l'imaginaire, le sublime, l'élevé, mais aussi le grotesque, le ridicule, le moche, bref le haut et le bas. Je me suis vite aperçu que les chefs-d'oeuvre qui m'intéressaient étaient les gens qui regardaient les chefs-d'oeuvre." (source Allociné).

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On retiendra parmi la moisson abondante de répliques pouvant faire date, celle dite du bout des lèvres par Valérie Lemercier : « J'adore cette période qui va de Vinci à Warhol ! ».

Renée Lauster pour Plus-Shopping