Jane Birkin, Enfants d'hiver
Musique
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Dans son nouvel album, Jane Birkin est désormais parolière. La
mélancolie est le credo de ses chansons, toutes en délicatesse et en mezzo
voce. Elle marque avec ce nouvel album, Enfants d'hiver, un
nouvel âge dans sa carrière. Cette promenade sensible retrace les événements
qui ont rempli sa vie de femme.Enfants d'hiver est une promenade sans concession mais humaine et douce des épisodes dans la biographie de la chanteuse. De ces douze ans, de cette enfance harmonieuse et joyeuse à son adolescence, de la vitalité d'une vie de femme, de la solitude. On y apprend comment un « madame » résonne dans le coeur comme une sanction, si l'on est pas prête à vieillir, comment le doute s'installe quand un homme ne cherche pas à vous séduire, bref petites ou grandes choses mêlées qui composent la trame des émotions, des traumatismes et des souvenirs aimables que nous portons tous en nous.
De "Je suis au bord de ta fenêtre" à "14 Février", une atmosphère intimiste, un
équilibre fragile, une voix qui n'est plus qu'un souffle composent un album
mélancolique plus que nostalgique, aux sonorités parfois éprouvantes pour
l'auditeur, comme une messe funèbre et néanmoins bien vivante. Les musiques
composées par Edith Fambuena (proche d'Etienne Daho), Alain et Pierre
Souchon, Franck Eulry, Alain Lanty ou encore Hawksley Workman viennent en
contrepoint soutenir le hâlo diaphane de la chanteuse.
Alain Souchon, Bertrand Louis ou Hawksley Workman croisent au large dans cet album autobiographique.
Seul détournement à la cause birkinienne, une chanson en anglais dédiée à à la prisonnière birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991. Cette résistante birmane « C'est Gandhi en femme » affirme Jane Birkin.

Ce nouveau disque est-il ou non un événement, les critiques se déchirent, les uns louant l'art dialectique de Jane Birkin, les autres pointant la pauvreté syntaxique de ses textes face à ceux, taillés sur mesure par Serge Gainsbourg. Les plus acharnés (Télérama) citent (hors contexte) les plus grosses bévues de la chanteuse : « Les gens se suicident, c'est à cause du stress »; « Vomis un bon coup dans les chiottes de ta mère, tu verras ma gueule dans la cuvette qui hurle. ». Sans renier les faiblesses de l'album, il faut noter tout de même quelles que belles associations : Période bleue avec Alain et Pierre Souchon, ou Enfants d'hiver avec Hawksley Workman. Renée Lauster pour Plus-Shopping
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